Les visionnaires
La Galerie d’art Louise-et-Reuben-Cohen (anciennement connue sous le
nom
de la Galerie d’art de l’Université de Moncton) a vu le jour
en 1964, peu de temps après la mise sur pied du département des
arts visuels à l’université et commence à collectionner
des œuvres dès 1966.
Les intrépides
Au cours des années 1970,
des artistes se rassemblent pour se doter de lieux d’exposition,
notamment à Sudbury avec la Coopérative des artistes du nord de
l’Ontario (CANO) et à Moncton avec la Galerie Sans Nom. C’est aussi le
cas dans l’Ouest, à Saint-Boniface, avec l’ouverture du Centre culturel
franco-manitobain, qui comprend un espace pouvant servir de salle
d’exposition. L'inauguration de la galerie d'art du Centre culturel
franco-manitobain à l'automne 1975 représente un tournant pour les
artistes franco-manitobains. Jamais auparavant ils n’avaient eu accès à
un lieu d'exposition d’une telle envergure à Saint-Boniface. Le journal
local, La Liberté, impressionné par le nouvel
aménagement et la programmation, en fait sa une.
Les rassembleurs
C’est à partir de la fin
des années 1980 que le secteur commence à s’organiser. Quelques
associations provinciales d’artistes visuels voient le jour au tout
début des années 1990 : l’Association acadienne des artistes
professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick (AAAPNB), le Bureau des
regroupements des artistes visuels de l’Ontario (BRAVO) et
l’Association des artistes de la Saskatchewan. De leur côté, les
galeries d’art bien installées consolident leur présence (Galerie du
Nouvel-Ontario, Galerie d’art de l’Université de Moncton, Galerie Sans
Nom).
De projets en projets, 1993 - 1998
Dès 1993, plusieurs
associations, appuyées par la Fédération culturelle
canadienne-française (FCCF), coordonnent un projet de diffusion
d’exposition. Ce projet soumet trois expositions collectives à travers
le réseau des galeries canadiennes ainsi qu’à des lieux de diffusion en
France. L’exposition collective Itinéraire 12 de
la Galerie Sans Nom retient l’attention et tourne au Canada et en
France.
Avec ce projet pilote de
diffusion, les intervenants réalisent l’importance de réseauter les
centres d’artistes et les galeries d’art. Une première rencontre
réunissant les associations artistiques et les principaux centres
d’artistes et galeries du Canada français se tient en marge de
l’assemblée générale annuelle de la Fédération culturelle à Ottawa en
juin 1995 et c’est ainsi que le Regroupement des centres
d’artistes et galeries d’art voit le jour.
Aussitôt, le Regroupement
se mobilise autour des coupures de financement au sein des centres
d’artistes. Hélène LaRoche, porte-parole du Regroupement, entreprend
une analyse du financement fédéral des arts visuels au Canada français
(première version du document Hors Cadre) et
obtient des réajustements, notamment de la part du Conseil des Arts du
Canada. Mis à jour en 1998 et 1999, ce document sert de base aux
rencontres avec les bailleurs de fonds.
En marge de la conférence Toutes
les photos finissent-t-elles par se ressembler ? tenue à
Sudbury en 1998, des artistes et travailleurs culturels d’un peu
partout au pays se rencontrent pour discuter des difficultés qu’ils
éprouvent dans leurs communautés. On parle de la difficulté qu’ont les
artistes à déborder de leur cadre habituel de diffusion, on y parle du
désir d’aller voir ailleurs ce qui s’y fait, on parle de l’importance
d’établir des contacts avec d’autres artistes et c’est autour de cette
discussion que prend forme l’idée d’un projet qui viendrait
contrecarrer cet isolement. On se rend compte aussi qu’il faut avoir
un interlocuteur sur la scène nationale pour communiquer les
enjeux auxquels sont confrontés les artistes et les organismes des
communautés franco-canadiennes.
C’est à ce moment que le
Regroupement des centres d’artistes et de galeries d’art prend le nom d’Association
des groupes en arts visuels francophones (AGAVF) et
établit ainsi une plate-forme nationale de représentation et de
concertation.
L’Association des
groupes en arts visuels francophones, AGAVF – depuis 1999
Le nouvel organisme
continue ses activités de représentation politique et c’est sous son
impulsion qu’est créé le Groupe de travail mixte réunissant des
représentants du Conseil des Arts du Canada, du ministère du Patrimoine
canadien et de la communauté artistique (AGAVF et FCCF). Calqué à
l’origine sur certains groupes de travail existants en édition ou en
théâtre, ce Groupe de travail se donne comme mandat d’évaluer les
besoins du milieu des arts visuels au Canada français et de trouver des
solutions adaptées à ces besoins. C’est donc le Groupe de travail qui
commande l’étude La situation des artistes visuels au Canada
français, parue en septembre 2001. De 1998 à 2003, l’AGAVF
mène un intensif lobby politique auprès des bailleurs de fonds afin de
faire reconnaître les arts visuels du Canada français. Parallèlement,
les joueurs sur le terrain se mobilisent autour des projets Échangeur I
et Échangeur II.
Après une période de
mobilisation axée sur les projets d’envergure, l’AGAVF se tourne vers
la consolidation de sa propre plate-forme : c’est tout d’abord le
colloque de fondation de l’organisme, en 2003, qui permet à ses membres
de se rencontrer et de se faire reconnaître des grandes institutions
artistiques, puis un exercice de planification stratégique qui
détermine les priorités de la jeune structure. Vient ensuite la
consolidation des membres de l’AGAVF, autre préoccupation de
l’Association : simulation de jury et mise en place des
programmes Coup de pouce et Brèches,
deux initiatives conçues pour appuyer la professionnalisation des
membres.
Malgré ses moyens limités,
l’AGAVF mène de nombreux projets d’envergure, notamment grâce au
dynamisme et au dévouement sans faille des bénévoles qui soutiennent à
bout de bras cette association. Il faut bien évidemment nommer et
remercier Lisa Fitzgibbons, sans qui l’AGAVF n’aurait pas le même
visage ni surtout la même crédibilité aujourd’hui. En 2003,
Lisa Fitzgibbons devient coordonnatrice de l’Association à temps
partiel, achevant ainsi une longue période de bénévolat. Elle quitte
l’Association à l’automne 2006 et c’est Lise Leblanc qui reprend le
flambeau quelques mois plus tard.
Quelques dates-clés
1999 – Tenue du Symposium
d’art actuel à Moncton sous le thème Le
Mascaret ne siffle plus, lors du Sommet de la Francophonie.
L’AGAVF s’associe de près à ce projet de l’Association acadienne des
artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick. C’est à ce moment-là
que prend réellement forme l’idée du projet L’Échangeur.
2000 – Échangeur
I – Extensions intimes. Projet d’échange et de
résidence d’artistes dans quatre centres : la Galerie Sans Nom
et l’Atelier d’estampe Imago à Moncton, l’Écart à Rouyn-Noranda, et la
Galerie du Nouvel-Ontario à Sudbury, qui coordonne le projet. Annie
Molin-Vasseur en est la commissaire.
2001 –Échangeur
II – Histoire de sens. Une destination
s’ajoute : la Maison des artistes à Saint-Boniface. Annie
Molin-Vasseur agit à titre de commissaire pour une deuxième année
consécutive. Ces deux projets Échangeur se terminent par un voyage
d’échange à Paris et par la publication de deux ouvrages critiques.
2002 – Projet de simulation
de jury qui vise l’augmentation de la
participation des artistes aux programmes de demande de subvention au
Conseil des Arts du Canada. L’atelier a été offert à Moncton, Ottawa et
Saint-Boniface, dans un premier temps. En tout, une trentaine
d’artistes y ont participé et parmi ceux-ci, cinq se sont prévalus du
service d’encadrement de rédaction offert par l’AGAVF en vue de déposer
des demandes au CAC. L’expérience est renouvelée en 2004 puis en 2006.
En 2007, l’AGAVF produit un cédérom sur le sujet et le distribue à ses
membres.
2003 – Colloque
de fondation de l’AGAVF au Musée des
Beaux-Arts d’Ottawa avec la participation de plus de 80 personnes
provenant de tout le Canada. C’est l’occasion pour l’AGAVF et ses
membres de faire reconnaître le secteur des arts visuels francophones
auprès des agences gouvernementales et des partenaires à l’échelle du
pays.
2003 – Projet Parallaxe
qui reprend le concept de l’échange et de la résidence mais qui situe
toutes les activités à Winnipeg où, treize artistes créent des œuvres in
situ autour du pont Provencher nouvellement restauré. Un
autre centre s’ajoute soit Daïmon, à Gatineau. La commissaire de Parallaxe
est Marie Bouchard.
2005 – Mise en place du
service Coup de pouce,
conçu pour donner un coup de pouce aux membres
qui souhaitent recevoir les services d'un consultant dans un champ de
compétence donné. L’objectif du programme est de favoriser la
consolidation des membres et le renforcement de leur capacité
organisationnelle.
2006 – Mise en place du
projet Brèches,
qui a pour objectif de développer des expertises en matière de
commissariat au sein des communautés francophones et qui fonctionne
sous forme de mentorat, en offrant un accès privilégié à un expert du
milieu.
2009 – Tenue de l'échange avec Viva! Art Action et des membres de l'AGAVF, présentant du travail en art performance d'artistes québécois et de la francophonie canadienne.