Pour diffusion dans le colis réconfort de Terres à traverser

L’AGAVF est fière de publiciser

L’ Association des groupes en arts visuels francophones (AGAVF) est heureuse de publier Nouvelle génération : Laboratoire 27.01.2019, Ottawa, un zine qui fait connaître des artistes et commissaires francophones émergents, de 7 provinces canadiennes. Cette initiative de publication collective, réalisée dans le cadre du Forum Trajectoires 2019 tenu à Ottawa le 27 janvier, et qui soulignait le 20e anniversaire de l’AGAVF, réunit les voix de 22 artistes et commissaires. Le zine, imprimé en cinq cents copies, fait partie du colis réconfort envoyé aux délégué.es de Terres à traverser, la conférence nationale de l’ARCA, organisée cette année par l’Association des centres d’artistes autogérés de l’Alberta, et constitue une des activités de la programmation présentée en français.

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Ce zine, Nouvelle génération : Laboratoire 27.01.2019, Ottawa, document éphémère, périssable, de reproduction facile et toujours en ébauche, cherche à témoigner des discussions entretenues par les délégé.e.s de la nouvelle génération des membres de l’AGAVF lors du Laboratoire vivant du Forum Trajectoires 2019. Ce laboratoire fut, avant tout, une occasion de réseautage et, pour plusieurs, il s’agissait d’un premier contact avec le réseau national de l’AGAVF. Le Laboratoire a donné aux délégué.e.s l’occasion de présenter leurs travaux artistiques et administratifs, et aussi de se réunir autour d’une discussion portant sur les enjeux vécus par la nouvelle génération. Cette discussion cherchait à tracer de nouvelles trajectoires pour l’AGAVF.

Également, des discussions autour d’initiatives pancanadiennes à plus ou moins long terme ont été amorcées et plusieurs souhaitent poursuivre la conversation. Les incidences des coupures du gouvernement Ford sur la francophonie ontarienne ont également mobilisé les discussions. Les pour et les contre de la publication d’un manifeste à la sortie du Forum ont été pesés et finalement transformés en énoncés personnels qui constituent les images et les mots ici assemblés. Un manifeste ? Possiblement ; mais certes, une manifestation des échanges traversés par l’amalgame d’inquiétudes, doutes, certitudes et volontés communes. Ce document est construit à plusieurs voix qui s’entremêlent dans le tissu de nos possibilités de rencontre, de notre expérience commune comme génération et comme multitude.

Le 9 juillet, Anne Bertrand, responsable des communications à l’AGAVF, s’est entretenue avec Rémi Belliveau, artiste et candidat cette année au prix Sobey, ainsi que président de l’AGAVF, pour en apprendre plus sur le contexte de production du zine, et imaginer l’impact de cette expérience de réseautage sur sa pratique d’artiste et celles des artistes participant.e.s sur l’AGAVF et sur la collectivité artistique francophone au Canada.

L’AGAVF : Tu as participé à un forum qui célébrait le 20e anniversaire de l’AGAVF à l’occasion duquel des membres de la nouvelle génération se sont réunis pour prendre et affirmer une position sous forme de zine / manifeste. Sur le plan de la représentation politique, comment concilier cette approche artistique personnelle avec le besoin d’organisation structurée et concertée ?

Rémi Belliveau : Selon moi, les approches plutôt conceptuelles et / ou affectives ont autant de portée que les approches rationnelles qu’on favorise normalement dans le langage politique, comme les statistiques, les études de cas, les exercices de visionnement, etc. (qui servent à quelque chose quand même). Le zine est peut-être conceptuel dans sa forme, mais il contient surtout les sentiments d’une nouvelle génération qui rêve de meilleures conditions pour la création artistique en français hors Québec. C’est la force de ce zine je crois – il contient nos réels désirs tels que nous les éprouvons. No sugar coating.

D’après toi, où les participants et participantes sont-ils et elles rendu.e.s dans cette trajectoire, deux ans plus tard ?

R. B. : Difficile de le savoir. Nous avons abordé de très gros dossiers, comme le manque d’éducation postsecondaire en arts visuels et médiatiques dans les communautés francophones, et depuis notre rencontre, le bilan de santé des universités francophones en Ontario s’est détérioré. Ce n’est pas encourageant, mais les gens qui ont participé au zine composaient avec beaucoup d’enthousiasme. Moi ça me motive. J’ai l’impression que les choses se sont améliorées ailleurs, même si seulement dans notre capacité de travailler ensemble comme un groupe, car depuis la rencontre, plusieurs d’entre nous avons conservé des liens.

Et, à titre de président de l’AGAVF, es-tu en mesure de parler des retombées de cette rencontre ?

R. B. : Le réseautage était fantastique. Pour nous qui habitons l’Est du pays, nous étions très emballé·e·s de voir autant de jeunes francophones en provenance de l’Ouest et des Prairies. Ce sont ces liens pancanadiens qui ont perduré, mais j’irais même plus loin pour dire que nous sommes pour la plupart devenus ami·e·s, que nos relations se sont tissé.e.s plus serré.e.s au fil du temps, au-delà d’un rapport simplement professionnel. Nous sommes connecté·e·s sur les réseaux sociaux. Nous nous appuyons dans nos projets artistiques. Et d’ailleurs, j’ai très hâte de lire le recueil de poésie d’Alasdair Rees qui vient tout juste de paraître !

Je reconnais que la pandémie aura dérangé les affaires, entre autres, ton expo à l’UQAM. Est-ce que ce groupe est resté en contact malgré cette interruption ?

R.B.  : Le groupe plus large n’a pas formellement gardé le contact, mais un certain nombre de membres oui. Lors de la pandémie, nous étions quelques-un·e·s à faire partie du comité éditorial de la revue FR (add lien) (Zoé Fortier, Alasdair Rees et moi-même) et d’autres participaient à titre de contributrice-autrice à la revue (Elise Anne LaPlante) ou bien comme artiste (Annie France Noël).

Rémi Belliveau est un·e artiste interdisciplinaire et un·e musicien·ne acadien·ne originaire de Belliveau-Village (Vallée de Memramcook, N.-B.), un hameau acadien situé sur le Mi’kma’ki, territoire ancestral non cédé du peuple Mi’kmaq. Depuis 2012, son travail a été présenté dans plusieurs contextes d’exposition dans les Maritimes et au Québec. En parallèle de sa pratique artistique, iel a codirigé la Galerie Sans Nom (Moncton) avec Annie France Noël (2014 à 2018), a joué à deux reprises le rôle de (co)commissaire (2015, 2018), a été chargé·e de cours à l’Université de Moncton (2017) et a contribué des textes à la revue Canadian Art.

<Consulter le Zine (PDF)

On se rappelle que depuis 2017, l’AGAVF met en place des activités de professionnalisation pour dynamiser le milieu artistique des communautés francophones en situation minoritaire dans sept provinces canadiennes et un territoire. Les activités de réseautage des artistes et de leurs institutions donnent lieu à plusieurs initiatives qui sont décrites sur son site Web.