Mot, son et image

« Je crains que même parmi nous, beaucoup de gens considèrent encore l’art comme ornement, et nous disons : ce n’est pas le cas ! Le mot n’est pas absolu, le son n’est pas le bruit et les images parlent. Ce sont les trois chemins réels de l’esthétique pour la compréhension : le mot, le son et l’image.

Ce sont aussi les canaux de domination car les trois sont dans les mains des oppresseurs, pas des opprimés : le mot des journaux, le son des radios, les images de la TV et du cinéma états-unien dominent nos propres moyens de communication et envahissent nos cerveaux avec leur pensée unique, leurs projets impériaux et leurs marchandises.

Mot, image et son, qui aujourd’hui, sont les canaux de l’oppression, doivent être conquis par les opprimés comme formes de libération. Il ne suffit pas de consommer de la culture : il est nécessaire de la produire. Il ne suffit pas de jouir de l’art : il est nécessaire d’être artiste. Il ne suffit pas de produire des idées : il est nécessaire de les transformer en actes sociaux, concrets et continus. L’esthétique est un instrument de libération.

Être citoyen, mes amis, ce n’est pas vivre en société : c’est transformer la société dans laquelle nous vivons! Avec la tête dans les hauteurs, les pieds sur terre et les mains à l’ouvrage ! »[1]

 

  1. Quelle analyse faites-vous des divers constats présentés dans ce document? Existe-t-il d’autres considérations qui devraient orienter la nouvelle logique d’investissement?

Lors de la présentation à la FCFA du Canada, le 21 novembre 2013, les représentants de la DGLO ont identifié les arts visuels comme « un domaine d’intervention spécialisé qui contribue peu à la vitalité linguistique de l’ensemble de la communauté ».

a) Mettons les choses au clair : les centres d’artistes autogérés [2]ne sont pas des clubs d’aquarelle! Le centre Aberdeen à Moncton n’aurait pas la même réputation sans les programmations contemporaines de la Galerie Sans Nom et de l’Atelier d’estampe Imago; et le quartier historique de Saint-Boniface n’aurait pas le même attrait sans le Parc de sculptures de la Maison des artistes visuels francophones (MDA).

b) L’écosystème des arts est un tout imbriquant l’ensemble des disciplines et tous les acteurs de la chaîne de création-production-diffusion. Les communautés minoritaires ont droit à tous les éléments constitutifs de l’actualisation de leur culture. Est-ce que le mime n’est pas une forme d’art théâtral à part entière? Qu’en est-il des arts du cirque si populaires? Seront-ils moins considérés, parce qu’ils ne sont pas langagiers? Les albums pour enfants seront-ils moins considérés parce qu’ils sont trop visuels?

c) Considérer le domaine des arts visuels comme « un domaine d’intervention spécialisé qui contribue peu à la vitalité linguistique des communautés » dénote de notre point de vue un manque de connaissance du rôle des organismes et des artistes en arts visuels aujourd’hui.

d) L’interdisciplinarité est née des arts visuels et pointe vers l’avenir des arts. Ne pas investir dans les arts visuels dans les communautés francophones serait une grave erreur, car ces signes de contemporanéité présents dans les centres d’artistes sont des composantes essentielles à l’actualisation de la culture et à la construction identitaire. Comme l’écrivait Herménégilde Chiasson dans la publication Decentre portant sur les centres d’artistes au pays : « Il est important de reconnaître que les centres d’artistes nous ont souvent convaincus de la fonction irremplaçable de l’art comme discours régénérateur d’une société[3]

e) Cette importance, votre ministère l’a reconnue en signant en 2004, avec le CAC et le MAÉCI, un protocole d’entente pour le développement des arts visuels des communautés francophones vivant en milieu minoritaire. S’appuyant sur l’Étude sur les arts visuels dans les communautés francophones vivant en milieu minoritaire[4], ce protocole d’entente reconnaissait dans son préambule que « les arts visuels contribuent au développement culturel et artistique de ces communautés ainsi qu’à la dualité linguistique par leurs activités de création, de production et de diffusion ». Entre 2005 et 2012, deux rencontres du Groupe de travail en arts visuels ont confirmé ces positions.

f) Le Québec possède d’ailleurs le plus grand réseau de centres d’artistes au pays (70 des 170) répertoriés au pays[5]) regroupés sous le RCAAQ, soit plus de 40% des centres d’artistes au Canada. Pour une province préoccupée par l’épanouissement de la langue française, le Québec ne lésine pas non plus dans les investissements dans ses musées nationaux et régionaux. Le Québec, comme bien d’autres nations, a intégré le lien essentiel entre la langue et la culture et reconnaît l’apport des arts visuels au développement de la culture qui rend attrayante l’utilisation de la langue française.

g) Il nous apparaît important de bien définir les organismes en arts visuels et médiatiques financés par les programmes des langues officielles – l’exemple utilisé (cours de peinture) ne reflète en aucun cas les programmations des centres d’artistes ou de l’AGAVF pour lesquelles ils reçoivent un appui – ce qui peut aussi fausser l’analyse de la situation des arts visuels.

h) « Les centres d’artistes autogérés sont des organismes à but non lucratif, dirigés par un conseil d’administration comptant une majorité d’artistes, dont l’activité principale est de favoriser la recherche, la diffusion et la production d’oeuvres du domaine des arts visuels et des arts médiatiques. Ils mettent à la disposition des artistes des espaces, des équipements, des services, des ressources spécialisés et offrent à la communauté des activités telles que des expositions, des conférences, des débats, des performances, des publications, des résidences et de la documentation. »[6]

i) « L’une des principales transformations du secteur des arts visuels est apparue au début des années 1970 avec la création des centres d’artistes autogérés (aussi connus sous le nom de galeries parallèles – c’est pourquoi ces centres d’artistes ont conservé l’appellation galerie). Ce mouvement est né de la volonté des artistes de se donner des lieux pour créer et diffuser leur production, alors que les galeries commerciales et les musées étaient encore hésitants à présenter le travail expérimental, multidisciplinaire et souvent multimédia de cette nouvelle génération ». [7]

j) Au Canada français, la naissance de la Galerie du Nouvel-Ontario (GNO) à Sudbury, la Galerie Sans Nom (GSN) et de l’Atelier d’estampe Imago à Moncton s’inscrivent dans ce mouvement. Ces deux derniers, créés par la génération des « Vaches sacrées »[8] Chiasson, Savoie et Arseneault, a permis à une nouvelle génération d’artistes de créer à Moncton et d’être reconnue sur la scène nationale et même internationale (ex : Mario Doucette, Jean-Denis Boudreau…).

k) Ces milieux étant « tissés plus serrés », le centre d’artistes y entretient souvent des relations plus étroites avec la communauté environnante et fait oeuvre de médiation directe entre l’art actuel et le grand public. Grâce à une programmation régulière rythmée de vernissages d’expositions, de conférences d’artistes, de performances, de festivals et d’événements, d’engagements sociaux, ces centres sont des vitrines avec pignon sur rue qui contribuent à animer en français des quartiers centraux (ex : Moncton, Sudbury, Vanier, St-Boniface) et participent à la vitalité des communautés.

h) Dans les plus petites municipalités, les centres d’artistes sont souvent le seul point d’accès à l’art actuel. C’est le cas de la GNO à Sudbury, de la GSN et de l’Atelier Imago à Moncton et de La Manivelle et de la Galerie Le Trécarré à la Baie Sainte-Marie en NÉ. Ces centres sont à l’origine d’événements artistiques importants, comme la Foire d’art alternatif de Sudbury (FAAS) organisée par la GNO, le Jè-st, festival performatif organisé par la GSN, Imago et la GAUM à Moncton ou encore le Festival de musique sonore Reflux organisé par la GSN, et la Nuit Blanche mise en place à Ottawa à l’instigation de BRAVO.

l) Ces structures annoncent, affichent, diffusent et accueillent (publics, jeunes et artistes) et sont ainsi des lieux de socialisation participant à la sphère identitaire de la complétude institutionnelle dans le modèle d’autonomie culturelle développé par Rodrigue Landry[9]. Elles sont les extensions des institutions scolaires francophones (écoles et universités) où les arts visuels et médiatiques sont au programme. Les centres d’artistes contribuent à la revitalisation langagière dans un secteur où tout est organisé pour pousser les artistes à s’assimiler dans les institutions de la majorité, nous privant ainsi de toute une génération de leaders francophones.

m) Ces centres d’artistes sont des phares sur le territoire avec leurs programmations contemporaines en français intégrant des expositions, des projections de film et de vidéo, des productions musicales et des performances en français, et deviennent des lieux incontournables de réseautage et de créativité. Ils organisent des événements en français dans les murs, en dehors des murs de l’établissement (ex : vernissages, présentations de films, de vidéos, de performances, des festivals, des soirées musicales avec DJ, des soirées-bénéfices) et inscrivent la francophonie dans plusieurs événements d’envergure (ex: Nuit Blanche, Fête de la culture). Ils présentent des causeries, des conférences, des forums, des débats, ils publient des bulletins d’information sur les arts de leur région, des catalogues et des publications sur des artistes et des thématiques et mettent tout ce matériel et cette réflexion à la disposition des visiteurs en français.

n) Malgré le faible investissement du ministère du Patrimoine canadien (220 000$ de financement de programmation aux organismes en arts visuels à travers le pays), le réseau des organismes et l’AGAVF contribuent largement à la vitalité linguistique de l’ensemble de la communauté.

o) Le réseau de l’AGAVF se retrouve tout à fait dans cet énoncé de la FR p.13 « Les projets artistiques et culturels renforcent la vitalité et l’identité des communautés tout en favorisant la connaissance, la compréhension et l’appréciation qu’ont les Canadiens et Canadiennes pour la diversité culturelle du pays. De plus, par un effet levier, les activités artistiques, culturelles et patrimoniales engendrent un apport significatif pour la santé économique du Canada et créent des emplois. »

p) Plusieurs artistes contemporains reconnus ont fait leurs premiers pas vers la reconnaissance dans le réseau des centres d’artistes. Les circonstances sont de plus en plus nombreuses où des artistes de la Francophonie canadienne issus du réseau des centres d’artistes se distinguent : Marc Audette, récipiendaire d’un prix Chalmers[10] du CAO, Mario Doucette, Jean-Denis Boudreau et Dominique Rey, finalistes aux prix Sobey[11], Danielle Tremblay, récipiendaire du Prix d’excellence de l’Artist-Run Centres & Collectives of Ontario (ARCCO), ou encore Brigitte Dion et Mélanie Rocan, finalistes au Concours RBC[12]. Toutes ces récompenses viennent confirmer la maturité artistique du secteur et fournir des symboles à la promotion de l’identité culturelle.

En page 3 du document de la FR on peut lire « Cette nouvelle Feuille de route permettra aux locuteurs actuels et futurs de l’une ou l’autre des deux langues officielles du Canada d’acquérir une meilleure compréhension et appréciation de leur pays et de leurs concitoyens. En encourageant et en permettant la participation des Canadiens à tous les aspects de la société, elle renforcera notre économie et améliorera la qualité de vie des collectivités à l’échelle nationale ».

q) De notre point de vue, les Canadiens ne peuvent acquérir une meilleure compréhension et appréciation de leurs concitoyens des communautés francophones minoritaires s’il y a une absence totale de présence de ceux-ci dans leurs institutions nationales. Le seul artiste hors Québec présent au MBAC, et c’est très récent, est Joe Fafard avec sa chevauchée à l’extérieur du Musée, remisée les mois d’hiver. Votre ministère doit renforcer son appui au réseau des arts visuels, car votre direction est loin d’avoir répondu à cet énoncé-objectif de la FR.

r) Pendant ce temps, la commissaire du MASS MoCA, à North Adams, Massachusetts, Denise Markonish, retenait deux oeuvres de l’artiste acadien Mario Doucette[13] dans le cadre de la plus grande exposition d’art canadien aux États-Unis, Oh, Canada, en 2012 et la Galerie de l’UQAM, inscrit l’artiste au Projet peinture, un instantané de la peinture au Canada, exposition en 2013!

s) Le travail des artistes visuels porte un regard sur le monde dans lequel ils vivent et donne ainsi une voix aux communautés auxquelles ils appartiennent – les arts visuels sont des moyens d’expression au même titre que les autres disciplines et participent à la promotion du français dans leur travail (avant, pendant et après). Les organismes du réseau de l’AGAVF concertent, regroupent, appuient et diffusent le travail des artistes.

t) Sans Herménégilde Chiasson et Mario Doucette, nous ne pourrions compter sur la première Histoire de l’art acadien qu’ils ont entrepris de rédiger en tandem pour leur communauté! Sans la Maison des artistes à Saint-Boniface et le leadership de Liza Maheu, nous n’aurions pas un Parc de sculptures au coeur du Quartier historique de Saint-Boniface; sans Shahla Bahrami, nous ne pourrions compter sur un Centre d’artistes francophone à Ottawa dans un quartier francophone de Vanier et des projets avec les écoles secondaires. Ainsi leur travail a un impact sur la communauté et joue un rôle dans la vitalité et le sentiment d’appartenance à cette communauté. L’inégalité des ressources dans la sphère artistique comme en arts visuels a un impact réel sur les communautés.

2. D’après vous, les orientations proposées pour la nouvelle logique d’investissement correspondent-elles aux besoins de changement que vous observez au sein des communautés?

a) Nous ne pouvons que nous réjouir que la DGLO priorise les arts et la culture, la jeunesse et les médias qui correspondent à la sphère identitaire du modèle d’autonomie culturelle. Par contre, il faut que le secteur des arts et de la culture soit considéré comme un écosystème complet. Comme nous l’avons démontré, les centres d’artistes accueillent la jeunesse locale avide de nouveautés. D’ailleurs la moitié des employés de centres d’artistes canadiens sont âgés de moins de 35 ans[14]. L’étude Burgess (octobre 2011) trace aussi la portée des centres d’artistes qui « attirent un public large vers des activités de programmation nombreuses et diversifiées » (page 29-33).

 

b) Si votre direction pense à une initiative de démarchage dans notre secteur, nous voudrons lui rappeler que la Direction de la concertation interministérielle (DCI) travaille depuis plus d’une décennie à convaincre le principal interlocuteur, le CAC, sans beaucoup de succès. En arts visuels, le financement des communautés francophones stagne à 1% du budget du service, et ce, même après les initiatives comme le PICLO et avec le Fonds des langues officielles (FLO) maintenu par le CAC après le retrait du PCH. L’AGAVF est reconnue comme ONSA mais n’a toujours pas accès à l’enveloppe d’aide aux ONSA qui au Service des arts visuels stagne à 500 000$ et finance 5 organismes nationaux.

c) Le financement du Conseil est tributaire de l’intégrité de l’agence et n’est octroyé qu’aux demandeurs hautement recommandés par les jurys de pairs, auprès desquels les organismes des communautés tardent à obtenir une légitimité, à cause de l’invisibilité dans laquelle ils se trouvent faute de moyens et de ressources. D’autres disciplines ont bénéficié du financement du PCH et cet appui a permis notamment de réussir à se faire reconnaître et obtenir un financement oscillant autour des 4-5%.

d) Le travail des organismes spécialisés est essentiel à la professionnalisation des disciplines et conséquemment du milieu. Ils sont complémentaires aux organismes culturels généralistes. Ils permettent d’entrer en contact avec les réseaux spécialisés de la majorité et d’y faire valoir les enjeux de la minorité dans les enjeux globaux du secteur tout en étant au fait de ceux-ci pour l’avancement de leur secteur. Sans parler du rôle de médiation qu’ils sont souvent amenés à jouer entre le Québec et le ROC.

e) Les organismes spécialisés sont les vis-à-vis légitimes des organismes spécialisés des arts et des industries culturelles de la majorité. La FCCF ne pourrait siéger à la Table de l’Alliance pour les arts visuels ou de la Conférence des centres d’artistes autogérés (ARCA). Les organismes spécialisés ont accès à des sources de financement sectorielles auxquelles un organisme généraliste ne peut accéder (ex : CAC, Fonds du livre, Musicaction, etc.). Les membres réunis en AGA le 1er mars dernier ont réitéré l’importance de l’AGAVF dans la consolidation du réseau en imaginant ce que celui-ci serait sans l’AGAVF. D’ailleurs le nouveau plan stratégique 2014-2019 fait éloquemment état du chemin parcouru depuis les 15 dernières années, duquel se dégagent, une vision engageante pour les cinq prochaines années.

 

  1. Existe-t-il d’autres façons de renforcer les réseaux communautaires afin de les rendre plus efficaces?

a) La façon de renforcer les réseaux communautaires et de les rendre plus efficaces (dont le réseau de l’AGAVF) est de les sortir de leur précarité en consolidant leur fonctionnement. Il y a beaucoup de lacunes dans l’écosystème des arts visuels dû au manque de ressources, ce qui contribue à une dévalorisation des communautés francophones et acadiennes…et pourtant les centres d’artistes font des miracles avec très peu et rejoignent/attirent les nouvelles générations. Toute une génération d’artistes s’assimile faute de formation adéquate dans leur langue et nous perdons les leaders qui ne peuvent pratiquer et s’épanouir dans leur communauté d’origine. Une reconnaissance et un intérêt de leur travail seraient déjà une façon de les renforcer!

b) Il y a longtemps que le milieu des arts et de la culture revendique un investissement substantiel en faisant valoir le lien identitaire entre la langue et la culture. Après l’obtention de la gestion scolaire, le secteur a réitéré l’importance du lien langue-culture-éducation qui permettrait de maintenir l’attrait de l’école française comme choix pour les parents et ensuite pour les ados (voir l’étude sur le lien langue-culture-éducation, 2003). Les écoles françaises produisent des cohortes d’étudiants en arts visuels qui ont de la difficulté à trouver des programmes en français à leur sortie. Mais plus largement, il faut mettre les jeunes en contact avec l’art de leur temps et les modèles issus de leur milieu (ex : Marc Séguin, De La Salle[15]). Ils doivent avoir accès à des lieux dans leur langue et les professeurs doivent être mieux formés et sensibilisés à l’art contemporain.

c) Nous cherchons une réelle volonté politique pour faire une vraie différence et malheureusement ce que la « nouvelle logique » nous propose est une réduction de l’appui à la programmation, dissimulée sous la couverture de l’élimination des chevauchements et de la recherche de l’efficience pour dégager une « xième » réserve pour de « nouvelles initiatives et groupes dynamiques ». Eh bien, cette proposition ne correspond pas aux besoins de changement que nous observons au sein des communautés, car des groupes dynamiques ne sont pas soutenus à leur juste valeur et en créer d’autres ne permettra pas d’atteindre les résultats poursuivis par la DGLO par le biais de la Feuille de route!

d) À l’AGAVF, nous observons des personnes engagées, diplômées, vivant sous le seuil de la pauvreté! Et qui, malgré cette très grande précarité, s’adonnent avec passion à faire une différence au sein de leur communauté et dans la société. Ils sont vivants, créatifs et leur enthousiasme est communicatif. Ce sont des leaders inspirants, des modèles d’autodétermination qu’on se doit de reconnaître, de faire connaître et d’autoriser à partager leur réflexion sur le monde d’aujourd’hui. Ces personnes et les organismes qu’elles animent devraient au moins pouvoir s’attendre à une reconnaissance de leurs interlocuteurs responsables des langues officielles en milieu minoritaire!

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[1] Extrait du discours d’Augusto Boal au Forum social mondial 1er mars 2009 (mort en mai 2009) http://www.alterinfos.org/spip.php?article3148

[2] Les centres d’artistes développent des programmations en arts contemporains qui incluent : les arts visuels, les arts médiatiques, la performance et les pratiques multi et interdisciplinaires.

[3] Decentre, concerning artist-run culture/ à propos de centres d’artistes, YYZ, 2008 page 55

[4] 4 Étude réalisée pour le Conseil des arts du Canada et le ministère du Patrimoine canadien par Rachel Gauvin et Marc Haentjens, septembre 2001.

[5] Répertoire des centres d’artistes Québec & Canada 7e édition – RÉSEAUARTACTUEL

[6] RCAAQ, Guide de déontologie des centres d’artistes http://rcaaq.org/imports/fichiers/Guide_deontologie_08.pdf

[7] Daniel Roy, directeur général d’ARCA, présentation aux membres du Groupe de travail sur les arts visuels, décembre 2008

[8] Référence à l’exposition collective « Y a pas de vaches sacrées icitte » de 10 artistes de la relève « les vos sacrifiés » à la GAUM, 1999 (Jennifer Bélanger, George Blanchette, Mario Doucette, Angèle Cormier, Michel-Antoine Fournier, Gilles Leblanc, Marc X Leblanc, Mathieu Leger, André Allan Phelps, Mélita Richardson).

[9]Rodrigue Landry, Institut canadien de la recherche sur les minorités linguistiques (ICRML)

[10] Prix de 50 000$ géré par le Conseil des arts de l’Ontario

[11] Prix Sobey 50 000$ géré par la Galerie d’art de la Nouvelle-Écosse http://www.artgalleryofnovascotia.ca/en/sobeyartaward/abouttheaward/default.aspx

[12] Concours RBC http://www.rbc.com/collectivites-durabilite/community/emerging-artists/rbc-painting-competition.html

[13] Artiste de Moncton au Nouveau-Brunswick, il est peintre, mais travaille aussi en art vidéo, animation numérique, performance et films Super8.

[14] 14 Le rôle distinct des centres d’artistes autogérés dans l’écosystème des arts visuels au Canada. Rapport préparé pour le Conseil des arts du Canada par MDR Burgess Consultants, 2011 http://conseildesarts.ca/conseil/recherche/trouver-les-rapports-de-recherche/2012/artist-run-centres

[15] Marc Séguin né à Ottawa en 1970, il vit et travaille entre Montréal et Brooklyn (NY). Ses oeuvres sont vues et collectionnées dans plusieurs pays par les musées, galeries et par les collections publiques muséales et privées. Il a également publié deux livres aux éditions Boréal. http://www.marcseguin.com/fr/bio.html