Le Groupe de travail en arts visuels, un mécanisme de concertation qui découle de l’entente de collaboration entre les agences nationales des arts et de la culture et les communautés francophones en situation minoritaire.

S’est-on déjà demandé comment les agences fédérales appliquent les articles des lois visant l’équité des langues officielles ?

Ce qui suit vise à démystifier cette démarche, et ses mécanismes, pour ceux et celles qui sont friands de travaux de positionnement, en coulisses.

L’entente de collaboration : c’est quoi ?

Il s’agit d’une entente négociée par la Fédération culturelle canadienne française (FCCF) avec ses partenaires signataires, le ministère du Patrimoine canadien et les programmes d’appui aux langues officielles (PCH-PALO), le Centre national des Arts (CNA), le Conseil des arts du Canada (CAC), l’Office national du film (ONF), la Société Radio-Canada (SRC) et Téléfilm. L’entente, aussi appelée « entente multipartite » vise à favoriser le développement des arts et de la culture des communautés francophones et acadienne.

Des mécanismes de concertation

Renouvelée en 2018 pour 5 ans, l’entente multipartite offre un cadre de collaboration et de concertation entre les signataires pour assurer l’équité des programmes à l’endroit des artistes et structures francophones en situation minoritaire. Les signataires de l’entente s’accordent ainsi sur des enjeux communs et cherchent à trouver des solutions, à travers des mécanismes de concertation préétablis :

  • Par discipline (groupes de travail) avec l’ensemble des agences et directions pertinentes à la discipline
  • Par agence, direction ministérielle (rencontres bilatérales) avec l’ensemble des représentants disciplinaires
  • Par l’ensemble des parties prenantes (rencontres de signataires) ;

Le Groupe de travail en arts visuels

Le Groupe de travail constitue un mécanisme clé pour communiquer les enjeux spécifiques à chaque discipline, faire état des gains sur le plan de l’équité, et identifier les opportunités à saisir toujours dans une optique d’épanouissement des artistes et des structures membres des associations disciplinaires.

Organisée par la Direction des relations interministérielles et de la responsabilisation (DRIR) du Patrimoine canadien en étroite collaboration avec la direction de l’AGAVF, la (plus récente) rencontre du Groupe de travail en arts visuels (GTAV) s’est tenue le 20 septembre 2019 dans les bureaux du Conseil des arts du Canada. La partie communautaire était représentée par :

  • Les membres du Conseil d’administration de l’AGAVF ;
  • Les représentants des organismes nationaux : l’ARCA et la FCCF

La partie gouvernementale était représentée par :

Les représentants des partenaires signataires du Protocole d’entente en arts visuels, soit le Conseil des arts du Canada, le ministère du Patrimoine canadien – programme d’aide aux langues officielles et la politique des arts – et, Affaires mondiales Canada.

L’AGAVF a rappelé les enjeux du secteur en présentant les avancées réalisées et les défis rencontrés depuis la dernière rencontre groupe de travail tenue le 31 janvier 2018 relativement à quatre dossiers :

  • Le renforcement des structures en arts visuels ;
  • La consolidation des membres de l’Ouest ;
  • Le développement professionnel des commissaires ;
  • Le programme de professionnalisation.

L’AGAVF a entamé avec les partenaires une nouvelle conversation sur la diffusion/circulation des arts visuels et médiatiques afin de bien établir le rôle des centres d’artistes et des membres du réseau de l’AGAVF (opérateurs non commerciaux) avant d’élaborer des stratégies et des initiatives. La diffusion permet d’aborder le renforcement des structures de façon concrète.

Rapport des groupes de travail au comité des signataires

Le 30 octobre 2020, l’AGAVF participait à une première série de présentations des rapports des cinq groupes de travail disciplinaires (arts médiatiques, arts visuels, chanson-musique, édition et théâtre) aux membres du comité des signataires de l’entente renouvelée, en présence des directions des agences nationales (CNA, CAC, ONF, SRC, Téléfilm) et des directions arts, industries et langues officielles du ministère du Patrimoine canadien. En arts visuels, le rapport a été livré par les deux nouvelles co-présidences, soit Caroline Lussier, directrice du programme Explorer et créer du CAC et Rémi Belliveau, président de l’AGAVF.

La présentation de l’AGAVF au comité des signataires a porté sur les priorités d’action issues du groupe de travail tenu en 2019 décrites ci-haut. Ces mêmes priorités ont aussi été relayées au Conseil des arts du Canada lors des consultations dans le cadre de sa planification stratégique pour la période 2021-2026.

Nouvel enjeu : impacts de la pandémie sur le secteur des arts visuels

Le président de l’AGAVF, Rémi Belliveau a conclu la présentation avec un survol des impacts de la pandémie sur le secteur des arts visuels. Il a présenté un résumé des bouleversements qui ont secoué la programmation, forçant l’intégration dans l’urgence de nouvelles façons de faire, que ce soit virtuellement ou autrement, et engendrant beaucoup d’incertitude et la nécessité de modifier à répétition la programmation. Ce fut aussi l’occasion de décrire le rôle de la communauté et des publics dans cette discipline que l’on continue de méprendre pour une discipline solitaire, maintenant isolés en raison des fermetures et des mesures de confinement et de distanciation physique.

Constats du rapport de la FCCF au comité des signataires

La FCCF a fait trois constats concernant l’analyse transversale des rapports des groupes de travail au comité des signataires, lesquels tiennent aussi compte de la pandémie :

  • L’accroissement du numérique et la volonté du secteur de la francophonie canadienne et acadienne d’effectuer ce virage.
  • La nécessité d’avoir des données probantes sur l’évolution du secteur en francophonie canadienne.
  • Le besoin de s’engager à faire une analyse continue et une veille proactive du radar des occasions.

Ces trois thématiques ont été défendues dans une lettre envoyée aux membres du comité des signataires, dans laquelle on invitait ces derniers à poursuivre leur leadership visant à permettre à l’écosystème des arts et de la culture de la francophonie canadienne et acadienne de continuer de cheminer vers l’équité.

Toujours à l’écoute de ses membres, la FCCF transmet des messages très bien articulés, et son travail contribue grandement à l’articulation du discours des arts de la francophonie canadienne.